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![]() Le Grand Nord-Ouest Mai Chau - Son La message reçu le 14 juillet 2002
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Jour Deux.
La croisière s’amuse
Le deuxième jour, le vrai plaisir a commencé puisque nous montions en altitude,
mais sans encore approcher les paysages nus, sobres et dépouillés d’arbres. De
longues vallées roulantes aux pentes douces, parfois des pics lointains et dramatiques,
et toujours les verts crus et horizontaux des rizières étagées. Des champs creusés
par des générations patientes dans une terre sombre et douce ; de mini barrages
de boue aux armatures de bambous, des « diguettes » qui s’élèvent au
dessus des champs inondés.
Partout sur ces terres ancestrales cultivés, se penchent des hommes et des femmes aux chapeaux coniques, aux dos courbés, aux vies immergées par l’eau boueuse des rizières. Je dois dire que cette route, cette célèbre Route Coloniale Numéro Six de Mai Chau à Son La avait tout pour me rendre heureux comme un petit rossignol. Villages aux maisons de bois couvertes de chaume, enfants radieux et extatiques quand nous conduisions à travers le village... et plus nous avancions, plus nous nous éloignions du nivellement culturel vers le bas qui était le mal du 20e siècle. La route nord nous a mené vers moins de ciment, moins de télévision et moins d’appât du gain psycho-agressif. En gravissant ces hauteurs légendaires, nous pouvions voir des pentes couvertes de pins aux épines persistantes vivant en parfaite harmonie avec des palmiers. Le soleil brillait et la voiture ronronnait comme un chaton. Les villages dormaient dans la chaleur de midi, leurs petites rues peuplées de cochons, de poulets et de buffles. Je n’avais que trois mots en tête qui satisfaisaient mon désir d’expression : J’aime l’Asie ! Nous sommes arrivés à Son La sans un souci et nous nous sommes installés dans un hôtel gouvernemental. Le lendemain, nous n’avons pas visité la prison ni les sources chaudes, mais nous avons passé une superbe matinée au marché, admirant l’artisanat local et la magnifique diversité des tribus venues vendre et acheter des marchandises. Il y avait des Tays et des Tais, des Muongs et des Nungs, des H’mongs, des Jarais, des Bahnars et Sedang, Daos et Edes. Ou peut-être pas. Qui peut savoir ? Je me suis promis qu’une fois revenu à Hanoi je me plongerai sur ce sujet. Là, au milieu de ces tribus se nichait un mystère plus vieux que le temps. Les Français les appelèrent les Montagnards, et le reste de l’Asie les Tribus. Leur nom officiel au Vietnam est « Minorités Ethniques ». Aussi beaux que des arcs-en-ciel, ils vibrent de leurs coutumes rurales, d’ adorations d’esprits, de leurs gestes montagnards qu’ils font perdurer à travers les générations qui passent. |
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