Pour les Vietnamiens, Têt c’est comme Noël, Roch Hashana et Ramadan en même temps. C’est l’événement le plus important de l’année dans la vie spirituelle du pays. Beaucoup des coutumes de Têt nous sont inconnues, même si elles ne sont parfois que des extentions d’autres coutumes fréquemment aperçues au cour de l’année.
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Têt – Année du Cheval


message reçu le 08 février 2001



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La mousson


Pour les Vietnamiens, Têt c’est comme Noël, Roch Hashana et Ramadan en même temps. C’est l’événement le plus important de l’année dans la vie spirituelle du pays. Beaucoup des coutumes de Têt nous sont inconnues, même si elles ne sont parfois que des extentions d’autres coutumes fréquemment aperçues au cour de l’année.

Les offrandes votives par exemple. Pendant toute l’année, on peut voir les gens brûler des bouts de papier colorés sur le trottoir en face de leur magasin (qui est aussi leur maison). Au début on croyait qu’ils brûlaient ça comme une superstition pour avoir de la chance ; des faux billets étaient brûlés en face d'un magasin de chaussure pour que les clients soient légions et le commence prospère . Mais pas du tout ! Apparemment, tout ce qui est brûlé va directement dans l’Au-delà pour les ancêtres.

Les gens qui brûlent de l’argent – et les plus fréquents sont ceux de 100 $- font donc cela parce que Mémé a besoin de pognon ! Dans la vieille ville, il y a des magasins où on trouve des copies en papier de tout ce dont on  a besoin au Ciel. Des chemises et des manteaux pour l’hiver, des imperméables pour la mousson, des téléphones portables pour être branché, cuiseurs de riz-vapeur pour les casse-dalle, et même des mobilettes grandeur nature pour aller d’un bled à l’autre !

Ce qui change pendant Têt, c’est que les offrandes ne vont pas aux ancêtres mais  directement aux Dieux.

Et maintenant que Têt plane dans l’air, ça devient carrément frénétique dans la rue des magasins vautifs.

Les pêchers et les arbres à Kumquat sont les arbes traditionnels de Têt. Les pêchers sont plantés et bichonnés pour fleurir exactement le jour de Têt, qui cette année est le 12 février. Maintenent que le pays tourne mieux et que l’économie boume, ceux du nord peuvent s’offrir ces pêchers et la ville  est remplie d’hommes et de femmes qui transportent des petits arbres sur leur vélo. Avant, on trouvait des pêchers dans le sud et des Kumquat dans le nord. On voit encore beaucoup de kumquat mais les pêchers font un tabac.

Les vêtements des Dieux domestiques  sont à vendre, des bottes et des chapeaux en papier. Hier nous sommes allés au restaurant avec mes étudiants pour fêter les vacances ( c’est dans le quartier, juste en face de la boite Apocalypse Now. Ils servent un sizzler de bœuf pour un dollar ! ). Dans la cour, le personnel brûlait une petite maison en bois, et des bottes et un chapeau sur un grand feu. Il paraît que c’est le jour du Dieu de la cuisine qui, une fois brûlé, va rapporter aux pouvoirs célestes toutes les actions de l’année des habitants de la maison.

Les rues sont incroyables. Ca grouille encore plus que d’habitude. Traditionellement, les membres d’une même famille s’offrent des vêtements  et les copains s’offrent une petite bouteille, les trottoirs regorgent de marchandise, de bombons, de clients pressés, de mobilettes effrénées et de voitures klaxonnantes. 

On  nous a dit que tout ce qui arrive pour Têt est décisif pour le reste de l’année. Les étrangers sont rarement invités dans les familles vietnamiennes pendant cette semaine parce que nous ne savons pas comment nous comporter et nous pourrions faire  quelque chose qui pourrait leur porter la scoumoune. Têt dure une semaine et ce sont les trois premiers jours qui sont les plus critiques. Après cela, les étrangers chanceux peuvent se faire inviter par les familles vietnamiennes. Les Vietnamiens qui souffrent d’un deuil juste avant Têt savent qu’il vaut mieux rester chez eux : on ne sait jamais, la poisse pourrait être contagieuse.

En fait, c’est tellement malchanceux de mourir pour Têt qu’une famille peut rester à la maison la saison du Têt suivant, juste au cas où…

Quand on réalise tout ça, un nouvel aspect de Têt revient en mémoire, c’est le Têt dont tout le monde se souvient : Têt, l’Année du Singe, 1968. L’offensive du Têt. Quand on considère ce que cela représente de mourir pendant Têt, alors on comprend mieux la volonté de cette nation qui voulait se libérer de la présence des Américains, leur ardent désir de liberté. 

Un grand merci à Jennifer Paine, notre conseillère et spécialiste du Vietnam.





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