Istanbul ou "j'ai senti la terre bouger sous mes pieds" .Istanbul, Turquie. Constantinople. L'Empire Bysantin. Les Ottomans. Des hommes jouant au Chech-Bech dans des cafés enfumés, des femmes voilées de noir des pieds à la tête descendant en troupeaux des ruelles tortueuses... La ville brûle de milliers de lumières, toutes aveuglantes, hypnotisantes, incitant au rêve.
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Istanbul ou "j'ai senti la terre bouger sous mes pieds"


message reçu le 19 novembre 1999

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Istanbul, Turquie. Constantinople. L'Empire Bysantin. Les Ottomans. Des hommes jouant au Chech-Bech dans des cafés enfumés, des femmes voilées de noir des pieds à la tête descendant en troupeaux des ruelles tortueuses...
La ville brûle de milliers de lumières, toutes aveuglantes, hypnotisantes, incitant au rêve.
La splendeur d'Istanbul dépasse toute attente, et se tenir dans l'espace ouvert entre sainte Sophie (Sainte Sagesse) et la Mosquée Bleue revient à se tenir dans un espace de tranquillité vibrante et de silence brillant.
Comme j'envie les oiseaux qui peuvent voler et lutter contre le vent au dessus des minarets majestueux ;
comme j'envie les oiseaux lorsqu'ils piquent vers les poissons quand les bateaux rentrent au port.
Comme j'envie les oiseaux qui volent haut quand des centaines de muezzins appellent, chacun plus fort que l'autre, chacun d'une voix plaintive et cassée, appelant pour unifier le nom de Dieu.
En fin d'après-midi lorsque la léthargie du soir s'empare de la ville, nous nous asseyons dans des cafés et fumons le narguilé, buvons thés après thés et jouons au chech-bech, puis nous allons dîner, heureux comme des Sultans.
Près de la Sainte Sagesse, il y a une citerne datant de l'époque romaine et restaurée par les Bysantins. Colonnes après colonnes de marbre lisse sculpté chevauchent les eaux sombres, scintillantes sous les lumières. Quelqu'un a eu la bonne idée de mettre " Les quatre saisons " de Vivaldi, les violons rivalisaient avec le goûte à goûte constant de l'eau fraîche coulant des voûtes.
Istanbul ! Pourquoi personne ne l'avait mentionné avant ? Voilà une ville dans laquelle il y a tout le mystère, la romance, l'intrigue et les délices du Harem.
Voilà une ville pour tout ceux qui aiment vivre et manger et boire et aimer.

Un mot sur les tremblements de terre. On entend ici que le prochain sera le bon et qu'il ne touchera pas seulement les banlieues, mais qu'il frappera Istanbul avec une précision dévastatrice.
Si vous regardez une carte et vous rappelez vos cours de géographie du lycée, vous réaliserez que c'est tout à fait possible et que la Mer de Marmara pourrait être le prochain épicentre.
Cependant, le quartier de Sultanahmet, qui est le seul qui vaille la peine d'y séjourner, est construit sur un rocher qui promet de rester stable. Enfin, plus ou moins stable.
Pendant le tremblement de terre de vendredi qui était de 4.2, nous étions assis dans un restaurant à poissons sur les bords de la Corne d'Or (The Olympic, poissons et sauces sublimes pour un prix raisonnable. Vin blanc excellent.), soudain nous avons senti avec horreur que l'immeuble entier paraissait danser.


Les poissonniers à l'extérieur ont délaissé leurs étalages pour tourner leur visage vers le ciel, comme pour sonder leur destiné et le ventilateur du plafond s'est balancé.
L'enseigne sur le bâtiment s'est balancé. Notre serveur, par contre, ne laissait percer aucun signe de panique et continuait simplement de prendre notre commande en se balançant. Après une minute est venu l'après choc : une secousse plus faible. La vie est redevenue normale à Istanbul mais le jour suivant nous avons appris la triste vérité et que les choses étaient loin d'être finies, nous avons vu les images à la télé.
Plus de 300 morts.
Je vous conseille à tous de venir ici avant qu'il n'y ait plus d'Istanbul.



Mair and Marie-Do



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