Patpong est le quartier chaud de Bangkok, le quartier rouge de la prostitution qui vit la nuit et qui rassemble un curieux groupe hétérogène de gens.
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Patpong



message reçu le 29 mars 2001


Premier séjour
Bangkok
Choses bizarres
Marchés flottants
Message 21 mars 2001
Leçon d'histoire n°1
Leçon d'histoire n°2
Leçon d'histoire n°3
Leçon d'histoire n°4
Tribu


Patpong est le quartier chaud de Bangkok, le quartier rouge de la prostitution qui vit la nuit et qui rassemble un curieux groupe hétérogène de gens.

Début Janvier 2001, nous avions eu une longue discussion passionnée avec des amis en France, fallait-il ou ne fallait-il pas se rendre à Patpong ? Etait-ce cautionner ce marchandage de chairs fraîches, ou pas, que d’aller déambuler un soir dans ce quartier ? Vu de Montauban, le quartier chaud de Bangkok se paraît de couleurs irréelles et diaboliques, se peuplait d’ogres pourchassant des êtres frêles et sans défenses.

Il me semble que Patpong est plus complexe que cela, peut-être que les ogres existent bien, mais ils se fondent dans une foule aux désirs plus humains.

La prostitution est omniprésente en Thaïlande. Elle représente un énorme afflux de richesses pour le pays. 75% des Thaïs font appel à leurs services deux fois par semaine en moyenne et on ne compte plus les charters en provenance des pays riches.

Elle est provoquante et s’étale à Bangkok sans pudeur, mais chaque village a sa maison close, bien a l’écart des circuits du " tourisme sexuel ". C’est apparemment dans ces cas là que les histoires les plus sordides se déroulent. Patpong a finalement une figure assez proprette comparé à ces lieux cernés de mystère…

La pédophilie est beaucoup moins courante que dans le temps, les mesures sévères prises par le gouvernement semblent être efficaces. Ce honteux commerce s’est déplacé vers des pays pauvres, on parle du Cambodge, de l’Inde, du Brésil.

Nous avons étés étonnés de voir un livre et un reportage sur les histoires d’amour de Patpong… Beaucoup d’occidentaux (ici, on dit " farangs ") repartent de leurs vacances thaïlandaises en laissant leur cœur dans un gogo bar de Bangkok. Ce sont souvent des hommes mal dans leur peau, maladroits en amour et en amitié, et surtout très naïfs, qu’une jeune beauté exotique a comblé au delà de leur rêves. Des lettres d’amour désespérées pleuvent sur Patpong. Des chèques dans les comptes en banque aussi. Certaines histoires se terminent en mariages.

J’ai l’impression que la plupart des filles travaillent de leur plein gré, à Patpong du moins. Elles gagnent beaucoup d’argent en quelques années, soutiennent leur famille, paient les études de leurs jeunes frères et sœurs. Mais beaucoup se droguent ou perdent de grosses sommes d’argent en pariant dans des jeux. Dans le reportage, et dans quelques passages de ce livre, certaines filles disaient clairement qu’il était hors de question qu’elles travaillent un jour comme caissières dans un supermarché, car c’est " ennuyeux et mal payé ".

La Thaïlande fonce à pieds joints dans la société de consommation, les gens ne se suffisent plus de vies simples. Avoir une télévision, une chaîne stéréo ou une moto, est un minimum si l’on veut être respecté par ses voisins.



Dans ces deux rues bondées se succèdent les bars. On aperçoit les scènes où les filles dansent, un numéro sur leur bikini. Une fois happées ou appelées, elles boivent avec leur client et touchent une commission sur leurs boissons. Les hommes peuvent verser un pourcentage au patron du bar et emmener la belle quelques jours sur une île.



Au premier étage, selon les tracts généreusement distribués dans la rue en anglais et français, on peut assister à des spectacles plus sordides… " La chatte qui fume une clope ", " La chatte qui tire des fléchettes ", etc.…

Au milieu des rues, un marché de nuit occupe l’espace. Gadgets, artisanat-plastique, fringues,… rien à voir avec un sex-shop. Beaucoup de touristes, des jeunes, des vieux, des couples, des curieux, des consommateurs,…



La première fois que l’on traverse ces rues, on est saisi par cet étalage de filles comme des bouts de viandes chez un boucher. L’atmosphère de fête n’en est que plus insupportable. Se dire que chaque fille échouée sur cette piste est un monde qui a tant de chose à révéler. Des vies à épanouir. Les yeux s’embuent.

Certains farangs y retournent, car la fascination est présente chez tous, même si l’émotion poigne les tripes la première fois. " L’appel du cul " comme dit si bien Eric, et puis c’est si facile.

De spectateurs contrits, ils deviennent acteurs en se déculpabilisant, car la " passe " dure toute la nuit et ils peuvent donner ce qu’ils croient être de la tendresse.

Beaucoup finissent par s’attacher à une fille. S’ils sont jeunes, ils sont sûrs de se faire plumer autant que leur naïveté le permettra.

En Thaïlande, les attentes des uns et des autres sont encore plus faussées qu’ailleurs car ce commerce mêle étrangement souvent le cœur et le cul.


Marie-Do

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