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Motifs | ![]() |
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Du 17/04/2001 au 28/04/2001 |
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" Laquer, sécher, poncer ; laquer,
sécher, poncer ; LAQUER, SECHER, PONCER ! Sept fois !… "
C’est ce que les hôtesses répètent à longueur de journée
aux groupes de touristes descendus par bus entiers pour visiter l’atelier de laque
de Laitong.
La visite rondement menée est ponctuée de rires, de blagues, car chacun sait qu’un client heureux est un bon client. " Une semaine de séchage entre chaque couche de laque ! " " Ohhh, Ahhh ! " " Pour la décoration à la feuille d’or, on fait tremper l’objet dans de l’eau… Combien de temps ? Cinq mmm… ?" " Cinq jours ! " " Cinq mois ! " " Cinq heures ! " " Non ! Cinq minutes ! " … exclamation dans les rangs, éclats de rires… Les caisses enregistreuses vont crépiter dans peu de temps. J’ai passé environ deux jours à chaque stade de la fabrication. Ne parlant pas un mot de Thaï, la communication était assez basique et je devais attendre le passage d’une hôtesse pour poser des questions plus précises à mon professeur de la journée. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en insistant pour faire ce stage, mais j’ai tout de suite été conquise par la patience et la gentillesse de tous ceux qui travaillaient là-bas, pour une première expérience, j’étais vraiment comblée. La laque* est une résine extraite d’un arbre poussant de la Birmanie au Vietnam. Une fois purifiée, elle est d’un noir profond, d’une onctuosité veloutée, elle reflète la moindre lumière comme un miroir. Elle est appliquée sur des objets en teck ou façonnés en bambou, d’abord mélangée à de la craie, puis pure, la meilleure qualité étant réservée à la dernière couche. Le pinceau doit prendre l’exacte quantité sur ses poils, car trop peu révélerait la trace du pinceau, et trop se terminerait par une coulure qui riderait le noir parfait. Chaque pays d’Asie a sa propre technique et style de décoration. On raconte en Thaïlande que la technique serait née dans les environs de Chiangmai, et que des envahisseurs birmans auraient importé à Rangoon les meilleurs artisans Thaïs. La Birmanie était, est toujours, un des plus grands producteur de laques. On pense que les premières utilisations avaient pour but d’imperméabiliser des ustensiles de cuisine en bois ou bambou. La pratique s’est développée et raffinée pour recouvrir les murs des palais et des temples. Un fois l’objet laqué, il y a plusieurs types de décoration. Dans cet atelier, ils utilisaient la dorure à feuille d’or, l’application de brisure de coquilles d’œuf, la gravure au stylet, la peinture acrylique aussi. Quand les touristes s’apercevaient qu’une occidentale travaillaient au milieu de Thaïs, cela donnait lieu à des remarques drôles ou lassante, des coups d’œil interloqués, des dizaines de questions si je croisais un regard. Selon l’heure de la journée, mon degré d’énervement à coller des coquilles d’œuf collant surtout à mes doits et très peu à la laque, la quantité de touriste déjà entrevu depuis le matin, je levais la tête et répondais aux questions… Heureusement, le barrage de la langue protégeait la tranquillité des travailleurs et je voyais que les bruyants groupes de 40 personnes étaient aussi invisibles pour eux que les ombres d’un rêve. Des Français : " Mais elle est pas Thaï ! " " Elle doit être métisse… " Surtout de ne pas rire et de garder les yeux baissés. " Vous avez perdu votre passeport, mademoiselle ? " L’ambassade ne peut plus rien pour moi, je suis condamnée à trimer ici toute ma vie. " Boudu, quelle patience, mon Dieu ! Il faut avoir de bons yeux, hé ! " Justement, dans quelques secondes, je fais tout valdinguer tellement ça me crispe ! Des Américains : " Qu’est-ce que vous voulez faire avec ça ? " " Vous allez pas devenir riche ! " Qui sait ? Des Anglais : " Oh ! It’s soo lovely ! " Not really ! etc… Laitong, ou plutôt Tuy (qui m’avait accepté pour cette expérience) , m’a gentiment donné les objets sur lesquels j’avais travaillé… je dois dire qu’ils étaient invendables là-bas ! Je pensais être assez adroite de mes mains en me concentrant vraiment sur le pinceau ou la souplesse du poignet… à côté de leur adresse, j’ai eu l’impression de sortir tout juste de maternelle ! Ils ont la puissance du poignet, la rapidité, l’exactitude du mouvement, de la pression exercée sur le pinceau ou le stylet. Les années d’expérience se font sentir, tout paraît facile en les regardant travailler. Quelle beauté du geste ! Marie-Do * En Thaïlande, la laque vaut entre 5000 et 7000 bat le kilo, c’est à dire 830 FF- 1166FF. |
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