|
|
|||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
|
![]() Georgetown message reçu le 9 février 2001
|
|||||
|
En voyageant, nous ressentons de temps à
autre un sentiment qui ne porte pas de nom : il arrive lorsque nous regardons
autour de nous en étant frappés de voir combien les choses sont
différentes. La première fois que c’est arrivé, nous étions
au Pakistan, assis dans un de ces
restaurants pour routiers, avec des nattes au sol, des mouches se battant pour
avoir une portion de curry au mouton, des hommes de tribus venus des montagnes
pour proposer du haschisch ou une lecture du Coran.
Georgetown donne la même impression parce que c’est un bastion de la civilisation chinoise depuis trois générations, depuis que de pauvres fermiers sont venus s’installer dans ce coin retiré de l’empire britannique pour échapper à la pauvreté et à la faim. L’Ile de Penang a beau avoir des rues goudronnées, une circulation automobile réglée, des bars et des distributeurs automatiques, lorsqu’on s’enfonce dans les profondeurs Chinatown, on peut raisonnablement dire qu’" on est ailleurs ". Les Chinois se sont délicieusement organisés ici. Les rues pullulent d’endroits où manger, les gens ont d’ailleurs l’air d’en profiter avantageusement. Crevettes, crabes, homards, ou trucs que vous n’auriez jamais cru la mer capable de produire. En prenant des petites rues, on se trouve face à des associations de villages chinois. Il y a l’Association des Vendeurs de Liqueur Chinoise, ou l’Association du Village Yan. Cela me rappelle beaucoup le Marais à Paris avec ses Landsmannschafts, ses synagogues construites par des gens venus en France de Shlamertzk, un petit village de Moldavie de l’Ouest. La plupart des enseignes sont en Chinois. Cela fait partie de la magie ambiante, et comment ne pas être charmé par les vieilles photographies en noir et blanc sur les murs des salles communes... Des groupes d’hommes posant avec raideur devant le drapeau britannique, leurs coolies à longue tresse en arrière plan, portant des chemises blanches amidonnées. Nous sommes allés nous promener dans Little India, quartier des Gujaratis et des Tamils qui vinrent chercher une vie meilleure eux aussi. C’était étrange de se sentir à nouveau en Inde : le son des dernières musiques de films à la mode, l’odeur des bidis et du Tandoori, la vue d’un mec pissant dans la rue. L’Inde a pris une autre dimension dans nos pensées et nos mémoires. Notre bien aimée Bhuj a été détruite, 90 % de la gracieuse vieille ville est réduite en ruine. Connaissant la manière catastrophique avec laquelle les choses fonctionnent sans tremblement de terre, nous frissonnons en imaginant ce qui se passe maintenant. Nous avons pourtant reçu des nouvelles de l’hôtel Annapurna. Il semble que Shiva récompense parfois les Bons pour leur gentillesse : Le bâtiment et ses habitants ont été préservés. |
||||||
| Retour à la page précédente | ||||||
vote for this site on weborama |
| |
||
| © eastofeden.com.fr - tous droits réservés eastofeden 1999/2005 - All rights reserved eastofeden 1999/2005 | ||