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![]() Isphahan |
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" Ispahan est une moitié du monde. " Cela me fait penser à un proverbe talmudique qui dit que quand Dieu a créé le monde, Il a donné à Jérusalem 9 mesures de beauté et une mesure au reste du monde. Il est possible de voyager à travers le monde et de ne contredire aucun de ces proverbes. Ispahan représente certainement la moitié de cette mesure de beauté… La ville entière s’étend sur une rivière traversée par des ponts. Chaque pont est une œuvre d’art, leurs piliers enjambent le vaste espace de l’eau par des arches gracieuses. Sous les piles des ponts se trouvent des salons de thé, où la musique berce les fumeurs de narguilés, la douce fumée s’échappe jusqu’aux parcs des alentours. Les parcs sont très importants pour les Iraniens, ce sont les seuls endroits où l’on peut se délasser. Pique-niquer dans un parc est le seul moyen de sortir et de voir des gens sans dépenser un centime. Ce sont des endroits ombrés, verts et conviviaux. C’est très agréable de marcher entre les groupes de familles – les hommes sont adossés à des coussins tandis que les femmes tchadorées servent du riz et du poulet – elles apportent toujours de quoi manger pour une armée et vous appellent pour avoir l’honneur de partager leur dîner avec vous. C’est à Ispahan que j’ai réalisé combien j’aimais les Iraniens. Chaleureux, généreux et toujours prêts à donner un coup de main à un étranger ; c’est un peuple qui mérite tellement mieux… Autour de la rivière s’étend la ville d’Ispahan, sur une plaine d’où surgissent des montagnes dorées, au centre de la ville se trouve l’inévitable place Imam Khomeini, mais plus personne ne l’appelle comme cela. Ils l’appellent " Vue du monde ". Deux mosquées et un palais trônent sur ce rectangle de grâce. La mosquée de l’Imam, anciennement Mosquée du Shah, est une des merveilles du monde musulman. Dès que l’on pénètre dans l’entrée par ses grandes portes, la structure toute entière se tourne vers la Mecque, comme un oiseau immense étirant son cou. Hélas, la mosquée n’est pas utilisée en dehors des heures de prière, les tapis sont donc roulés et on ne peut s’asseoir nulle part. Le bâtiment a un peu l’air désaffecté. Mais se tenir debout sous le dôme bleu, c’est comme se tenir au bord d’un univers dont les planètes seraient toute proches. Imaginez pouvoir approcher et toucher Vénus ! On a le plus beau panorama du haut de la terrasse du palais. De là, on est frappé par la platitude de la cité avec ses dômes de faïence qui surgissent des toits, comme si toute la ville se préparait à une course de ballons dirigeables. Sur la gauche, on aperçoit au loin la mosquée du Vendredi, à droite, la mosquée de l’Imam et plus loin un petit mausolée où nous avons fait une petite sieste un après-midi, et tout autour se déploie le bazar tortueux… Chaque rue du bazar couvert donne sur des innombrables cours intérieures avec des bassins d’eau ; elles mènent à la mosquée du Vendredi, une mosquée à ciel ouvert. J’ai adoré m’asseoir dans un coin pour contempler les scènes des gens qui entrent et sortent, se saluent, discutent ou s’assoient simplement. Les murs de la mosquée qui nous encadraient étaient un vrai décor pour chaque scène. Ispahan, c’est la moitié du monde ! |
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