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![]() Hamadan |
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Dans toutes les grandes villes, il semble que la tradition est de construire une mosquée plus grande que les autres, une mosquée de Vendredi, ou Misjad al-Jame. La mosquée du Vendredi de Hamadhan était juste en face de notre hôtel, un endroit sympa où les voyageurs iraniens dormaient par terre dans des dortoirs, où les toilettes étaient toujours bouchées, et où le ventilateur au plafond faisait toujours trop de bruit. Mais le réceptionniste parlait un français parfait et on avait une belle vue de la terrasse de l’hôtel. A la tombée du jour, quand l’air se rafraîchissait, la mosquée changeait de couleur, passant par des dégradés de bleus, de verts, de gris, doucement, jusqu’à la nuit noire. Quelle joie de s’asseoir là pour boire un thé et fumer un narguilé, regarder les oiseaux faire des ronds autour des minarets ! Dans l’enceinte de la mosquée se trouvaient deux autres mosquées dont une en cours de rénovation. Entre les deux, un grand bassin d’eau fraîche à la surface ondoyante, et quelques plantes. Les pauvres dormaient à l’ombre et une foule d’étudiants en architecture faisaient des croquis de cette merveille pour leur cours de dessin. Hamadhan est également célèbre pour la tombe d’Esther et Mordechai, et la synagogue est un important lieu de pèlerinage pour la vieille communauté des Juifs d’Iran. Ce fut notre première rencontre avec les Juifs d’Iran et nous avons toujours été charmés par leur accueil, ici ou à Chiraz. La République islamique d’Iran interdisant l’entrée de non-juifs dans les synagogues – par peur de conversion ou d’enrôlement pour espionner à la solde de l’Entité Sioniste…-, Marie-Do a gracieusement menti pour entrer dans la synagogue. Avec le peu d’Hébreu qu’elle a appris dans l’Entité précédemment nommée, je dois dire qu’elle était très convaincante. Je représentais une curiosité en tant que Juif de l’extérieur et en tant qu’Ashkénaze et comme je parlais l’hébreu moderne, j’étais comme un plaisir défendu. Le bedeau Moshe nous a comblés d’honneurs et j’ai été invité à prononcer la bénédiction sur le vin. Un double honneur puisque je pouvais donc boire deux fois plus que les autres du vin d’une cuvée faite maison, et rejoindre les légions des anciens poètes persans amoureux du vin iranien. C’est aussi à Hamadhan que nous avons bu de la bière iranienne sans alcool pour la première fois. Ce qui me laisse perplexe, c’est que j’ai aimé ça. |
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