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Gujarat, le 29 Novembre 2000
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Nous sommes actuellement au Gujarat, cette étrange étendue désertique entre Bombay et le Rajastan. Un instant c’est la mer, aussi vaste et courageuse que le monde ; l’instant d’après c’est un désert de broussailles, peuplé d’habitants sympathiques et bienveillants, de magnifiques chameaux et de vaches aux cornes comme des branches épaisses. Encore des vaches, toujours des vaches. Nous venons de passer quelques temps dans la ville poussiéreuse de Bhuj, dans le délicieux Annapurna hotel. Du balcon de notre chambre, nous pouvions assister à la vie de la ville. Au petit matin, les vaches et les buffles étaient nourris près de la station des rickshaws, les camions s’engageaient dans les environs du marché. Le vendeur de tchai (tchai wallah en language local) démontait les plaques de contre-plaqué qui protégeaient son stand et le cordonnier s’installait avec ses outils à l’ombre de la bâche poussiéreuse qui lui servait d’auvent. Et le soir ! Les choses mourraient tout doucement ; la ville ralentissait comme une horloge mal remontée. Des rayons écarlates traversant le ciel éclairaient le lac comme des charbons ardents. A la fin, les rues étaient désertées, à part les vaches alanguies, les cochons farfouilleurs courant à une allure folle, leur truffe parallèle au sol, et les chiens. La nuit, les chiens deviennent les véritables maîtres des villes indiennes et hurlent aux imprudents promeneurs humains qui se risquent pendant les heures canines. On entend toute la nuit ces hordes se mordre et se déchirer, ils détalent, attaquent puis se dévorent entre eux. De Bhuj, nous sommes descendus à Mandvi sur la côte, avec Etienne et Cécile. Etienne est génial quand il est perdu, c’est à dire la plupart du temps, et Cécile est super quand elle est trouvée *, la plupart du temps aussi. (…) Juste un mot sur les entrées provenant de mon journal. Passer six mois dans un pays qui n’est pas le sien est assez long, et en Inde,
on ne sent vraiment pas chez soi. Certaines parties de mon journal sont très
négatives et d’autres très joyeuses, presque mystiques. Je sais
que quelques amis Indiens pourraient se sentir offensés en le lisant. C’est
très difficile de mettre de l’ordre dans ces sentiments. Je veux juste
leur dire que j’aime l’Inde et que j’ai aimé les moments passés
avec eux. J’aurais aimé qu’ils durent plus longtemps ; s’ils l’avaient
été, je serais peut-être moins négatif. Il y a l’Inde
sous son jour le meilleur et l’Inde sous son jour le pire. J’ai écris sur
les deux. Ceci dit, nous n’attendrons pas vos questions pour recommander chaleureusement l’agence SIM TRAVEL, dirigée par Aparna
Gautam : rapide, efficace et charmante, ils ont été pour nous
plus qu’une agence de voyage. * " Lost and found ", littéralement, " Perdu
et retrouvé ", veut dire " Objets perdus "
en anglais… |
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