Nous sommes actuellement au Gujarat, cette étrange étendue désertique entre Bombay et le Rajastan. Un instant c’est la mer, aussi vaste et courageuse que le monde ; l’instant d’après c’est un désert de broussailles, peuplé d’habitants sympathiques et bienveillants, de magnifiques chameaux et de vaches aux cornes comme des branches épaisses. Encore des vaches, toujours des vaches.
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Gujarat,

le 29 Novembre 2000


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Journal intime
Counting Crows
Bhuj
Version Anglaise
Udaipur, Rajasthan
Patan, Gujarat
Mandvi
Chère famille, amis, ceux rencontrés sur le chemin, ceux jamais encore rencontrés mais qui nous ont fait le plaisir de nous envoyer des e-mails : bonjour !

Nous sommes actuellement au Gujarat, cette étrange étendue désertique entre Bombay et le Rajastan. Un instant c’est la mer, aussi vaste et courageuse que le monde ; l’instant d’après c’est un désert de broussailles, peuplé d’habitants sympathiques et bienveillants, de magnifiques chameaux et de vaches aux cornes comme des branches épaisses. Encore des vaches, toujours des vaches.

Nous venons de passer quelques temps dans la ville poussiéreuse de Bhuj, dans le délicieux Annapurna hotel. Du balcon de notre chambre, nous pouvions assister à la vie de la ville. Au petit matin, les vaches et les buffles étaient nourris près de la station des rickshaws, les camions s’engageaient dans les environs du marché. Le vendeur de tchai (tchai wallah en language local) démontait les plaques de contre-plaqué qui protégeaient son stand et le cordonnier s’installait avec ses outils à l’ombre de la bâche poussiéreuse qui lui servait d’auvent.

Et le soir ! Les choses mourraient tout doucement ; la ville ralentissait comme une horloge mal remontée. Des rayons écarlates traversant le ciel éclairaient le lac comme des charbons ardents. A la fin, les rues étaient désertées, à part les vaches alanguies, les cochons farfouilleurs courant à une allure folle, leur truffe parallèle au sol, et les chiens. La nuit, les chiens deviennent les véritables maîtres des villes indiennes et hurlent aux imprudents promeneurs humains qui se risquent pendant les heures canines. On entend toute la nuit ces hordes se mordre et se déchirer, ils détalent, attaquent puis se dévorent entre eux.

De Bhuj, nous sommes descendus à Mandvi sur la côte, avec Etienne et Cécile. Etienne est génial quand il est perdu, c’est à dire la plupart du temps, et Cécile est super quand elle est trouvée *, la plupart du temps aussi.

(…)

Nous sommes maintenant sur l’île de Diu, un ancien comptoir portugais, avec des plages de sable blanc et des églises aux tons européens. Que c’est étrange de trouver un peu d’Occident ici !

Nous avons survolé certains endroits comme s’ils n’avaient pas d’importance, souvent parce qu’ils nous ont déçus. L’un d’eux est le Rajastan, là où le voyage a réellement commencé, dans nos esprits du moins. C’était il y a deux ans, alors que nous étions assis sur la terrasse de notre hôtel pour admirer l’ancienne cité de Jaisalmer. Nous avons alors pensé : " C’est ça ce que nous voulons faire. "

Cette fois-ci, notre destination principale était le Gujarat, nous avons simplement traversé le Rajastan en nous arrêtant à Udaïpur, surnommée " la Venise de l’Orient ". Personnellement, je trouve la description de Marie-Do beaucoup plus exacte : elle l’appelle " Le fruit trop mûr de l’Orient ". L’endroit est tout simplement devenu invisitable. Ceci dit, je dois tout de même recommander l’hôtel Mahendra Prakash (Tel : (0294) (522993), Lake Palace Road. Le bâtiment est magnifique, les employés sympathiques et efficaces, la piscine propre et la cuisine excellente. (Nous campions dans le jardin).

Dans un registre différent, si quelqu’un visite le Gujarat et s’arrête dans la ville de Junagadh, il ne faut surtout pas s’arrêter au Relief Hotel. J’ai parfois l’impression que ceux qui écrivent le Lonely Planet vivent sur une planète différente de la nôtre. " Le propriétaire sympathique et agréable " était simplement con : Il aurait pu nous aider mais il a préféré nous mettre des bâtons dans les roues. Il est le parfait exemple de ce que l’Inde deviendra si le tourisme lui monte à la tête : elle pourrait perde l’âme que nous venons tous guetter ici.



Depuis peu, les sites à visiter coûtent 50 fois plus aux étrangers qu’aux Indiens, ce qui est tout a fait abusif. On dit que l’entrée du Taj Mahal est passée de 500 à 1500 roupies ! (32 Dollars U.S.). A travers toute l’Inde, les touristes sont considérés comme des portefeuilles ambulants et il faut s’écarter des chemins battus pour voir l’Inde, la vraie.

Juste un mot sur les entrées provenant de mon journal.

Passer six mois dans un pays qui n’est pas le sien est assez long, et en Inde, on ne sent vraiment pas chez soi. Certaines parties de mon journal sont très négatives et d’autres très joyeuses, presque mystiques. Je sais que quelques amis Indiens pourraient se sentir offensés en le lisant. C’est très difficile de mettre de l’ordre dans ces sentiments. Je veux juste leur dire que j’aime l’Inde et que j’ai aimé les moments passés avec eux. J’aurais aimé qu’ils durent plus longtemps ; s’ils l’avaient été, je serais peut-être moins négatif. Il y a l’Inde sous son jour le meilleur et l’Inde sous son jour le pire. J’ai écris sur les deux.

Pour ne pas vous ennuyer avec des détails qui n’intéressent que peu d’entre vous, je propose à tous ceux qui veulent voyager en Inde de m’écrire pour demander des conseils sur la conduite, trouver un bon mécanicien, un bon dentiste, ou un bon médecin.

Ceci dit, nous n’attendrons pas vos questions pour

recommander chaleureusement l’agence SIM TRAVEL, dirigée par Aparna Gautam : rapide, efficace et charmante, ils ont été pour nous plus qu’une agence de voyage.

SIM TRAVEL PVT.LTD.
159, Defence Colony, Flyover Market, New-Delhi- 110 024
Tel : OO 91 463 82 79
Portable : 9811126394
Fax : 00 91 11 431 74 75
E-mail : tmgstpl@ndf.vsnl.net.in

La bonne blague qui circule en ce moment chez les voyageurs, c’est que le mot INDIA est en fait l’abréviation de " I’ll Never Do It Again ". Mais bien sûr nous reviendrons. L’Inde nous appelle toujours, on ne peut pas lui résister.

Oh, j’allais oublier ! Bon anniversaire à ma fille Cléa ! J’aimerais qu’elle puisse vivre et partager un peu de cette expérience merveilleuse.

 

* " Lost and found ", littéralement, " Perdu et retrouvé ", veut dire " Objets perdus " en anglais…




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