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Counting Crows,

reçu le 11 décembre 2000


Journal intime
Gujarat
Bhuj
Version Anglaise
Udaipur, Rajasthan
Patan, Gujarat
Mandvi
On écoute les Counting Crows, ces Californiens qui couinent et geignent drôlement bien ma foi. La route défile, les charognes se succèdent. Une charogne est bien plus qu’une épave au bord de la route, elle est présente tout autour d’elle et trouve ses limites dans son odeur qui s’étend en puissance, au gré du vent.

C’est bon de voyager, même quand tout nous déplait. La saleté, qui n’est pas due qu’à la pauvreté. La négation de notre vie privée, l’égoïsme brutal des conducteurs d’objets roulants, l’inefficacité et le je-m’en-foutisme du travailleur, l’agressivité des enfants qui trouvent amusant de hurler aux oreilles des étrangers ; les femmes et les adolescents qui se tuent au travail, à débroussailler des forêts de ronces, à casser des cailloux sur le bord de la route, à porter des kilos de briques sur les chantiers.

C’est bon de voir la diversité du monde et comment chacun se débrouille pour vivre.

 

Une des choses que j’apprécie, c’est de rencontrer d’autres voyageurs. Ne serait ce que les Français, ils sont déjà une mine de vies qu’on aurait pas eu beaucoup de chance de croiser en restant dans nos créneaux. Peu de chance de rencontrer une vendeuse de beignets de plage, des guichetiers d’autoroute, des passionnés d’insectes, un CRS Hollandais, un voyageur éternel ayant fait fortune au Japon, une ethnologue née en Palestine d’avant Israël… en ne quittant pas notre routine pour un temps.

Quelle chance !

Certaines des choses que l’on apprend par l’expérience, dans la poussière et la fatigue, d’autres le sauront par un bon sens qui se passe de tribulations. Chacun tente d’aiguiser son but intérieur, cela passe parfois par la dispersion extérieure, comme le voyage.

Le chemin de notre vendeuse de beignets passait par de nombreux joints quotidiens, grands et richement dosés. Elle progressait dans la vie aussi sûrement qu’une chenille vers sa transformation.

L’aversion d’Inguebergue et de Mery pour l’Inde et les indiens (INDIA ! It’s written in it : I Nerver Do It Again !) ne prouvait pas que leur voyage était une perte de temps.

Chacun avait sa recherche, son chemin et sa progression et c’est bon d’en avoir été témoins, comme de tout le reste. Bon d’avoir vu les paysages, les villes et les gens ; les plantes, les animaux et les norias ; les décharges sauvages, les maladies étranges, ce que l’on comprend et ce que l’on ne comprend pas.



Marie-Do
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