Pour les expatriés d’Hanoi, peu de noms résonnent autant que ceux des
villes et des routes du nord-ouest : Sapa, Sonla, Lai Chau, Lao Cai
et bien sûr la célèbre Route 6 qui fut un des grands travaux de l’Indochine
Française et la route que l’infanterie française prit depuis Hanoi vers sa
défaite historique de Dien Bien Phu.
Nous avions déjà été à Sapa pendant
les vacances de Têt : 4 jours
dans une ville gelée et nuageuse, et un trek mémorable dans le brouillard.
Ce trek a pincé notre curiosité à propos des tribus montagnardes. Nous avions
partagé un cochon fraîchement tué et horriblement cuisiné avec quelques membres
de la tribu des Dao (prononcez Dzao). Et le marché du samedi peut seulement
se décrire par ce qu’on appelait dans les sixties « un rassemblement
des tribus » .
Des costumes magnifiques, une vraie compétition de motifs tandis que Muong
Noirs, Muong Fleur, Tai Noirs et Tai Rouges se rassemblent sur la place du
marché pour se donner l’accolade, acheter ou vendre, manger, cracher, se
pousser, se tirer par la manche. Sapa a quelques désavantages certains :
c’est une ville tentaculaire vraiment très laide et il y fait un temps souvent
horrible. Néanmoins, il y a de bons hôtels et les gens des tribus parlent
anglais. C’est LA qu’il faut faire le plein de fringues « ethniques ».
Nous avions donc acheté des dessus de lit au bleu éblouissant, des calottes
qui ont l’air d’arc en ciels, et des super chemises en chanvre écrues ou
noires. De retour à Hanoi, j’avais lu un bouquin fascinant sur les vies des
H’Muongs réfugiés du Laos en Californie « L’esprit t’attrape et tu tombes »
de Anne Fadiman. J’étais prêt et mûr pour une nouvelle plongée dans le monde
des tribus de montagnes.
Mair et Marie-Do